Désamorçons les bombes sociale et environnementale, et réinventons le bien-être

Parmi les faits et les chiffres, quelques-uns sont plus parlants que les autres. Et ils parlent fort...

Pour agir correctement, il faut commencer par poser un bon diagnostic.
Au fil du temps, que ce soit en travaillant avec des amis écologistes belges et européens ou en ferraillant avec des adversaires au Parlement, Philippe Lamberts a dégagé une analyse et un projet. Dont voici l'essentiel.

Une double crise
Sur un ring de boxe, l'irrespect des règles disqualifie immédiatement ; dans la vie, de fait, presque tous les coups sont permis à une minorité de poids lourds en costumes qui s'approprient sans état d'âme la majorité des richesses. Pendant ce temps, deux milliards de poids légers vivent avec moins de 2$ par jour.

Cette confiscation de richesse se voit par exemple à la répartition du patrimoine.


Par ailleurs, collectivement, nous épuisons la terre et la mettons en danger. Cela se constate notamment à la diminution des terres arables par habitant, à la diminution des rendements agricoles, à la réduction de la biodiversité, à l'augmentation et à la volatilité des prix des matières premières, à l'augmentation des gaz à effet de serre, à la fonte des glaciers... Cela se voit, ici, à la chronologie des pics d'extraction des réserves de matières premières, déjà passés ou bientôt dépassés :

De mauvaises réponses...

Pour répondre à ce double problème social et environnemental, le discours orthodoxe avance qu'il faut
* plus de croissance ; verte, éventuellement, mais en tout cas de la croissance
* moins de dépenses et de dettes publiques
* plus de compétitivité, c'est-à-dire des coûts salariaux plus bas
* moins de barrières commerciales

Or, la crise dans laquelle nous nous trouvons s'enracine précisément dans la logique de croissance et de dérégulation. Par conséquent, ce n'est pas avec plus de même que l'on parviendra à faire mieux.

... à de bonnes questions

Pour autant, les questions de la compétitivité et de la dette sont de bonnes questions. À condition de les reformuler.

Oui, nous devons être plus efficaces et compétitifs.
Mais si la compétitivité doit être estimée en rapportant la valeur produite au coût salarial et au coût du capital, comme dans le modèle orthodoxe, elle doit aussi prendre en compte le coût social, énergétique et environnemental. Ces dernières années, l'évolution du prix des matières premières et de l'énergie a pesé bien plus que l'évolution des salaires sur nos entreprises.

Oui, nous devons maîtriser notre dette. Car elle hypothèque la vie des générations futures.
Mais la dette ne peut être réduite à la dette financière des pouvoirs publics, comme le fait la pensée unique. Là aussi, nous devons prendre en compte non seulement la dette financière privée mais aussi – et surtout – les dettes sociale et environnementale qui découlent de nos décisions. Nous empruntons aujourd'hui à la terre de nos enfants.

Deux axes: réduire les inégalités et optimiser notre économie

Pour désamorcer correctement la bombe sociale et la bombe environnementale, nous devons remettre les choses à leur place et réorganiser notre action autour de deux axes.

D'une part, nous devons inverser la tendance et réduire les inégalités.
Une fois atteint un certain niveau de richesse, le bien-être ne s'acquiert plus par davantage de revenu pour chacun, mais par plus de partage et d'égalité entre tous.
En Europe, avec un revenu moyen par habitant de 25 000€, nous sommes bien au-dessus de ce seuil, situé aux alentours de 20 000€. Les comparaisons internationales montrent clairement une corrélation entre le niveau d'inégalité et les problèmes sociaux. Plus un pays est égalitaire, moins il connaît de crimes, d'obésité, de grossesses adolescentes, de décrochages scolaires, ...

Voir à ce propos le travail de Wilkinson, à qui nous empruntons le graphe ci-dessous :


D'autre part, nous devons remettre l'économie à sa place.
L'économie n'est pas un champ comme un autre, qui devrait « si possible » être compatible avec la justice sociale et l'équilibre écologique. Ça, c'est le modèle soporifique d'un développement durable faible, récupéré par le « greenwashing », ce coup de peinture verte sur les produits et les mesures les plus néfastes.
L'économie est un secteur qui doit fonctionner dans le cadre et les contraintes de la société, elle-même soumise aux limites de l'environnement. Ça, c'est la conception forte de la durabilité à la lumière de laquelle il faut agir.
Autrement dit, la production et le profit ne doivent plus être maximisés, mais optimisés sous contraintes sociales et écologiques.


Investir dans le bien-être
Une fois le cadre de l'action correctement posé, nous devons alors nous donner les moyens de construire un avenir plus juste, qui permette une vie harmonieuse entre nous et avec la nature.

Cela nécessite de faire des investissements dans 5 secteurs prioritaires, en s'appuyant sur trois moyens-clés:

 


Une présentation plus complète de cette approche est disponible dans le document ci-dessous :

 

FacebookMySpaceTwitterDiggDeliciousStumbleuponGoogle BookmarksRedditNewsvineTechnoratiLinkedinMixxRSS FeedPinterest
Pin It
Text Size
Manifestes pour une transition écologique
Lire la suite...
Désamorçons les bombes sociale et environnementale, et réinventons le bien-être
Lire la suite...
La véritable force de changement, ce sont les Verts
Lire la suite...
Passer du pillage au partage
Lire la suite...